Mon Experience En Arménie

JenniferJennifer Pichard
(Paris, France)

Descendante d’une famille arménienne ayant fuit le génocide depuis la ville de Tokat (Arménie occidentale en actuelle Turquie), je viens de passer quatre mois sensationnels sur mes terres d’origines. C’est notamment grâce à l’organisme Birthright Armenia (Depi Hayk), qui offre l’opportunité aux arméniens de la diaspora de venir en Arménie dans le cadre d’une mission volontariat, que ce premier voyage s’est rendu possible. Organisant par ailleurs excursions, forums de discussion, visites et proposant l’unique expérience de vivre au sein d’une famille arménienne, Depi Hayk est, en ce sens, le meilleur protagoniste pour rallier les générations issues du génocide à leur lieu d’attache de manière utile et constructive. Car non seulement, on obtient un tableau plus défini de la situation actuelle en Arménie mais en plus on acquière les connaissances indispensables pour participer intelligiblement à la construction d’un futur lumineux. J’ai choisi ici de relater mon histoire à travers une activité vécue de façon quasi-intensive durant ces quatre mois : la danse folklorique arménienne.

La danse a toujours été partie intégrante de ma vie ; elle me permet de m’exprimer en toute liberté sans aucune contrainte apparente. De nature réservée voire introvertie, je suis de celles qui parle, débat et répond avec le corps.

Voila pourquoi aussitôt arrivée à Erevan, je me suis renseignée sur la possibilité de prendre des cours de danse folklorique arménienne. Cela va sans dire que cela n’aurait eu aucun sens à mes yeux de pratiquer tout autre type de danse sur mes terres d’origine.

Baignée dans la culture française et n’ayant eu que rarement l’occasion de côtoyer mes origines arméniennes, je suis atterrie ici comme débarquant de nulle part. Pas d’apriori, ni expectations particulières, en d’autre terme aucune déception à l’horizon. La seule crainte qui m’envahissait fut celle de la langue, outil primordial à maitriser pour interagir avec son environnement. Cette crainte s’est avérée justifiée puisque mes conversations ne sont jamais rentrées en profondeur pendant les deux premiers mois. Il m’a donc fallu recourir à un moyen d’expression alternatif, la danse.

Je dois dire que les difficultés et obstacles rencontrés à l’oral ne sont jamais survenus sur scène. L’expression corporelle associée à la force des danses arméniennes inhibent toute timidité jusqu’à me rendre totalement arménienne. J‘ai commencé par assister à un cours pour les débutants et après plusieurs sessions le professeur Gagik Ginosyan m’a proposé de rejoindre le groupe des amateurs « Karin ». Ce fut une véritable victoire personnelle et le lourd héritage transmis par mes ancêtres fut désormais reconnu en tant que tel.

Jennifer 1

Car il ne s’agit pas d’effectuer de simple pas de danse, il s’agit là de raconter une histoire, de préserver des coutumes et traditions afin de perpétuer l’authentique émotion de cet art.

Préparation mentale et physique aux combats de guerre, femmes préparant le « matsoun », prière collective pour la tombée de la pluie, hommage aux défunts… l’héritage porté par les danses arméniennes est lourd, riche et varié.

J’ai eu par ailleurs le privilège de danser lors de la représentation publique de la troupe, au théâtre Stanislavski à Erevan. Je suis encore émue d’avoir inspiré une telle confiance à Mr. Ginosyan et ne serai jamais assez reconnaissante de sa gentillesse et de générosité. J’y ai ressenti sur scène une émotion incroyable, mais plus que tout le sentiment d’appartenir à un groupe qui partage les mêmes racines et une passion absolue pour cet art.

Enfin, le dernier vendredi de chaque mois nous avons cette prodigieuse opportunité de danser parmi la population locale, qui n’a pas forcément les moyens ou le temps de prendre des cours par ailleurs. Durant ces quelques heures nous sommes tous unis et égaux, profitant de chaque instant de partage qui nous est offert. Je dois dire que ce jour représente la plus belle récompense que je ne pouvais souhaiter d’une telle aventure : celle d’enseigner la danse folklorique arménienne à des enfants d’Arménie.

À tous les Arméniens de la diaspora qui liront cette histoire, je vous incite pleinement à venir vivre une telle rencontre car ce n’est qu’en Arménie qu’elle pourra naitre…

Merci Depi Hayk !

 

4 thoughts on “Mon Experience En Arménie

  1. Barev Jennifer jan!
    Je m’appelle Cristina. Moi aussi j’ai fait un volontariat avec BR en 2008. Moi aussi j’ai tant aime… J’ai une question, si c’est possible. C’est que tu as fait le taraz? C’est le tien, au fait?
    J’ai toujours aime les haykakan taraz, je me suis meme faite une pendant que j’etais la, mais le tiens, celui des cettes photos, est absolument superbe…

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